Bon, c'est la fin des vacances, mais pas trop trop vite quand meme...
Donc voyage du vendredi 9 au dimanche 11 aout a Amritsar, ville Sikh du Punjab, etat du nord ouest de l'inde, frontiere indo-pakistanaise.
On part a 9 avec des iep Paris. 7h de train aller, 7h retour.
Le vendredi soir en arrivant on reprend un bus (1h ) pour Attari, la ville ou se joue tous les soir le spectacle de la fermeture de la frontiere indo-pakistanaise. Il y a deux files d'attentes: une
pour les males en rut, une pour les femmes et les enfants. Les femmes entrent d'abord.
Manieres d'arrieres me direz vous? Pas exactement: j'etais une des derniere de la file et je n'avais pas encore rejoint ma place assise dans les gradins "femmes" lorsque les gardes ont ouvert
les barrieres de la file "homme". J'ai donc assiste terrifiee au deploiement des fauves dans l'arrene, qui courraient vers moi en masse. Je m'accroche a une barriere pour tous les laisser
passer. Je survie au mouvement de foule et je comprends alors l'utilite de la separation homme-femme. ( qui sans aucun doute renforce leur comportement brutal, cercle vicieux)
Le spectacle commence. La foule d'indien, guidee par une sorte de chauffeur de salle, hurle "HINDUSTAN JINDABAR" qui veut dire "vive l'inde", pendant 1h30. Les militaires font une marche tres
aproximative vers la porte qui separe l'inde du pakistan. L'un d'entre eux decroche le drapeau Indien, de meme cote pakistanais. Tres furtive poignee de main. Puis chacun rentre de
son cote. Fermeture des grilles. Les ecolieres gavees de patriotisme danse des danses traditionnelles au milieu de la piste, les hommes dansent de leur cote, au sommum de leur excitation.
Melange d'hostilite nationaliste, a qui criera le plus fort l'amour de son pays, et en meme temps de franche bonne humeur pacifiste. Tres impressionant en tout cas.
Nous, a 9 dans dans un rickshaw, si si !
Un beau garde...
La porte du Pakistan

La porte de l' Inde
Donc ensuite retour a Amritsar sur le toit d'un bus. C'etait le dernier et il etait plein a craquer.
Je ne pense pas que ce soit tres malin, mais c'est tres marrant. Il ne fait pas chaud. Il faut s'applatir en avant pour eviter les branches, ou la decapitation par fils electriques
installes generalement n'importe comment...
Il faut serrer les dents quand on passe un dos d'ane etant donne que l'on est assis sur un tapis de barres en fer.
Petit quart d'heure (1h) frisson du voyage!
Seulement trois d'entre nous peuvent dormir au Golden Temple, haut lieu du Sikhisme, qui accueille gratuitement les pelerins et les voyageurs paumes (nous car il est tard pour trouver un
hotel)
Ambiance extraordinaire, accueil chaleureux, cour des miralces multicolore...
Une petite souris vient meme nous rendre visite.
Je vous presente le gardien, avec son chai :
Choralyne et Romain, dans la chambre ou l'on a dormi:
Voici le batiment a cote du Golden Temple ou se trouvait notre chambre. La cour au centre est aussi recouverte de gens qui dorment a terre la nuit. Au centre, la piece ronde, c'est la salle
de bain commune pour les plus motives.
Le lendemain, petit mal de dos apres la nuit sur une planche en bois, vaguement recouverte d'une couverture.
Visite du Golden Temple. Je vous laisse admirer les futures photos.
Temple tristement connu pour le massacre de milliers de Sikhs par Indira Gandhi,en repression a leur volonte de creation d'un etat independant en 1984. Ses gardes du corps Sikhs se vengent en
l'assassinant la meme annee.
Desole pour ce quart d'heure culturel Mr Sinisha.
Un Sikh sur son
31:
THE GOLDEN TEMPLE !
Seance vaisselle collective, dans la cendre:
Un sikh lisant le livre sacré, perché dans sa tour.
Et la vue dont il dispose !
"Salle de repos" où l'on peut s'avachir toute la journee et contempler le golden temple..
Meuf Olivia et moi
Le soir, on ose le repas a la cantine du Golden Temple... Ils servent 10000 repas gratuit par jours.
On nous distribue des plats en metal. Mouvement de foule pour rentrer. Accompagne des premiers attouchements insupportables mais fatalement non reprime puisque coupable non identifiable.
On s'assoit par terre en rangee. On tend le plat au passage des seaux au contenu tres suspect, verse a la louche, toute aussi suspecte. On tend les deux mains pour les chapatis (gallettes). On se
raisonne, "allez, 10000 repas par jour, ils savent ce qu'ils font qd mm!" Et..... Meme pas malade!
Il faut pas hesiter longtemps de toute facon, vu qu'au bout de 10 minutes, ils jettent des seaux d'eau par terre et passe la serpiere, pour le service suivant. La il faut sortir rapidos, et jetter
son plat, plus ou moin fini, dans un immense bac a vaisselle. Le bruit du metal est alors assourdissant.
Le fameux repas, miam miam....!
Les potes, a la cantine, sains et saufs apres la "struggle for life" pour rentrer:
Puis coucher de soleil : c'est pas beau ça ?
Le dimanche, Olivia et moi tentons stupidement d'entrer dans le Golden Temple en lui meme. Ce que nous n'avons pas fait le samedi parce que c'est immense et pas le temps et trop chaud. Grave
erreur.
File d'attente immense. Chaleur insoutenable. Mouvement de foule assez dangereux.Les vieilles se font porter pour evacuer les rangs compresses.
Et on top of it, re attouchements, tout en me mandant sans scrupule de remettre mon voile, tombe pendant la bousculade. Envie furieuse de hurler a l'hypocrisie
generalise dans ce soit disant lieu sacre. On abandonne rapidement la file. Experience traumatique, qui apporte uniquement un degout (passager, mais quel dommage) pour ce monde de
frustres. On mesure enfin combien la repression sexuelle institutionnalisee gangrene leur mentalite, biaise leur perception de l'occident, et des femmes qui ne sont pas les leurs...
La feministe en moi a souffert le martyre.
La foule de la mort:
Ce lieu reste neanmoins magnifique. Nous avons aussi rencontre de nombreux sikhs tres interressant et curieux de notre religion ou non religion plutot, des familles touchantes, illares de se
voir dans l'ecran de nos appareils numeriques, des enfants ravis par un simple "hello".. Mais ausi des femmes sublimes en saris et parures, impossibles a prendre en photo car besoin de
l'autorisation du mari, souvent occupe a faire ses ablutions (seul autorise d'ailleurs) dans l'eau qui entoure le Temple.
Bref, terre de contrastes, comme on dit.
Puis retour a Delhi. Il nous pleut pil dessus dans le train, comme si on etait pas suffisament des attractions pour tout le wagon, même secs!